A l’aube de l’affrontement final entre Obama et Romney en novembre et pour mieux comprendre l’impact de celle ci, il faut faire un retour arrière de 4 ans pour comprendre les liaisons entre politique et internet.

 

Flashback :

4 novembre 2008, USA, Obama est élu président. En plus de ce titre les médias le nomment l’icône de le la génération internet. Comment Obama a-t-il pu réunir plus de 5 millions de partisans en ligne ? Comment a-t-il pu lever 700 millions de dollars en donation ? Toutes ces interrogations sont dans l’ère du temps. Obama a pris le devant de la scène politique lors des primaires grâce aux outils que propose le Web, il a investi les espaces publics d’Internet, ses réseaux sociaux. Les années 2000 ont vu l’émergence d’internet auprès du grand public. Dans la même période le concept du web 2.0 commence à prendre de l’ampleur.

 

Qu’est ce que le web 2.0 ? C’est un internet qui se veut participatif. Un concept bien représentatif de la génération internet, qui ont grandi avec les outils du web. On peut donc se demander si la vie politique s’est adaptée à la génération internet, à savoir ces jeunes cadres et étudiants de 20-30 ans, moteur de la culture et de l’économie actuelle. Cette même génération qui s’est toujours tenu éloignée de la politique. Comment cette nouvelle communauté virtuelle va-t-elle s’inviter et peser dans le débat politique ? C’est là qu’internet prend tout son sens; quand la politique rencontre le web 2.0 cela produit une nouvelle forme de communication que l’on peut nommer politique 2.0.

 

La Politique 2.0 comme nouveau vecteur du débat démocratique ? L’année 2004, aux États-Unis, voit arriver la première utilisation de l’outil internet par un candidat à la maison blanche, Howard Dean. L’importance qu’a pris le web et l’adaptation des acteurs politiques à cet outil est flagrante lorsqu’on analyse les années séparant Dean en 2004 d’Obama, bien sûr, en 2008.

La politique 2.0 permet de capitaliser le succès en ligne afin que les gens s’impliquent sur le terrain. Politique et internet forment un duo inattendu qui change la donne. Malgré le succès du site de Sarkozy et de Royal, la France compte un retard encore important dans ce domaine. On sait aussi que le web 2.0 est l’ère de l’écoute et du partage de savoir. Les sites vitrines d’antan ne peuvent plus avoir un véritable impact auprès de la génération internet. 2008 est une année clée, similaire à l’élection de Kennedy de 1960 car un nouveau média est devenu le principal medium pour le politique. Tout comme Kennedy qui a introduit une présidence télévisée, Obama sera le premier président en réseau ; c’est un moment historique dans le recours aux technologies de l’information et de la communication dans la vie politique.

 

Pour aller plus loin dans l’enjeu du sujet on peut se demander quel a été l’impact réel d’internet dans la campagne présidentielle française de 2012, car au vu du succès de la campagne de Barack Obama on peut en déduire que les acteurs politiques français ont voulu recréer le même phénomène. Le public français souffre cependant encore d’une certaine appréhension face aux outils que propose le web, et les politiciens français ont donc bien fait attention à faire d’internet plus un outil de rassemblement qu’une énième bannière publicitaire. La campagne internet de Royal en 2007 a prouvé que la France pouvait être réceptif au message politique diffusé en ligne même si la politique française reste majoritairement sous la forme d’une stratégie de communication vertical.

 

Le web 2.0 est à la fois source d’une meilleure connaissance et d’une meilleure expérience utilisateur pour ces jeunes qui ont grandi avec internet et ont autant ce désir de participer que de partager. Les réseaux sur internet mis en place par les politiques se doivent donc d’être crédible et de confiance. Car le « cinquième pouvoir », ici internet, prend dorénavant le rôle de contre pouvoir abandonné par les médias représenté par la télévision, la radio, et la presse qui n’ont plus les faveurs de la génération internet. Avec l’essor de ces nouveaux carrefours de médias
participatifs et la montée en puissance des bloggeurs vedettes, les acteurs politiques se doivent de maîtriser ce nouveau support.

 

En 2007 sort « le cinquième pouvoir : comment internet bouleverse la politique» de Thierry Crouzet. Cet ouvrage antérieur à la campagne d’Obama permet de se rendre compte de l’importance qu’acquiert internet au sein de la politique et du changement des fondements de notre société et des règles qui régissent notre démocratie. L’article de Viviane Serfaty « les blogs et leur usages politiques lors de la campagne présidentielles de 2004 aux Etat-Unis » nous permet d’avoir du recul sur l’année 2008, car l’article revient sur les faits marquant de l’internet en politique de la fin des années 90 à l’année 2004.

 

Dans la prochaine partie, nous allons analyser la communication politique, son évolution, son adaptation à l’outil internet, puis comprendre l’impact sur le public, l’audience, et ensuite critiquer et examiner ce nouveau débat démocratique mis en place par le biais d’internet.